La création du monstre

(English will follow) 

LA FASCINANTE AVENTURE DE JARDIN MÉCANIQUE


Chapitre II
La création du monstre

Les lignes sont de plus en plus définies. Le spectacle hétéroclite et malhabile se transforme en une œuvre plus claire, plus rigoureuse. Plusieurs expérimentations sont effectuées. Les chansons composées commencent à peindre une histoire. Les trois artistes ont soif de sens. Les lectures politiques, les documentaires-chocs et les romans dystopiques sont comme de l’huile sur le brasier de la créativité, mais faire la morale à leur auditoire est hors de question.

Ils sont conscients des enjeux qui menacent la civilisation, mais ne se prétendent pas plus saints que les saints. Ils imaginent leur œuvre comme le plus titanesque des Mea Culpa. L’histoire se raffine. Une histoire où les affamés se transforment en affameurs, où les idéaux de justice se mutent en cupides ambitions, où les mieux nantis contrôlent l’opinion des masses. En bref, l’histoire de l’homme grossit à la loupe. Ils auront pour point de départ leur propre récit; celui de trois artistes qui tentent désespérément de conquérir un public réfractaire. Trois maniaques qui seront prêts à tout pour échapper à l’anonymat. Prêts à tout, même à lobotomiser leur auditoire.

Le projet prend de l’ampleur et des collaborateurs aventuriers commen- cent à se greffer au projet. L’univers visuel gagne en force grâce, entre autres, à l’illustratrice Véronique Paquette, au photographe Jean-Sébastien St-Pierre, au concepteur scénique Martin Boisclair ainsi qu’au cinéaste Jay Lestock. Puis, le groupe fait une rencontre déterminante. Le metteur en scène Yannick Chapdelaine assiste à une représentation et comprend tout de suite comment amener le spectacle à un autre niveau.

 

Leur premier album voit le jour le 11 septembre 2012 après plusieurs années d’enregistrement, d’essais et d’erreurs. Les arrangements orchestraux ont été réalisés avec l’aide de quelques collaborateurs du groupe, dont les violonistes Catherine Bussière, le pianiste Guillaume Marchand, le trompettiste Sébastien Fournier et la chanteuse Gabrielle Proulx. Le reste de l’orchestration a été joué par les membres du groupe avec des instruments de fortune et des babioles de brocante.

 Pour voir le processus créatif, cliquez ici: http://bit.ly/2j35sVl

 Pour voir le processus créatif, cliquez ici: http://bit.ly/2j35sVl

Finalement, un lancement, cette soirée où tous les complices célèbrent le fruit de leur labeur. Cet événement où convergent toutes les batailles et les nuits blanches. Ce moment est récompensé par un public qui, au fil des représentations, s’est multiplié et s’est laissé lobotomiser… «La Sinistre Histoire du Théâtre Tintamarre, Épisode 1» brûle les planches du Lion d’Or de Montréal un soir de l’automne 2012. Le public et le groupe se rendent à l’évidence: un monstre est né.

(English version) 

THE FASCINATING ADVENTURE OF JARDIN MÉCANIQUE


Chapter II
Creating a monster

There’s more and more light on the road ahead. The show that was a bit clumsy and all over the place is becoming a much clearer piece of work. With a craving for an overall cohesion and through cautious experiments, the songs are slowly drawing a story line. Political books, science fiction novels and shock documentaries form the puddle of gaz in which the match of creativity is thrown, but claiming the moral high ground is out of the picture.

They’re aware of the issues threatening the survival of civilization, but they know they’re also a part of these issues. The piece is shaped and lined like a huge mea culpa. The story is starting to make more sense. A story in which the pray becomes the predator, where ideals of justice morph into overweening ambitions, where conventional wisdom is controlled by the rich and powerful. Simply put, an exaggerated version of human history. The starting point is very similar to their own reality, three artists desperately trying to conquer a reluctant public. Three maniacs willing to do anything to pull themselves out of anonymity. Even if it means turning their whole audience into lobotomites.

The team is growing as new blood is running through the beast veins. Visual artist Véronique Paquette, photograph Jean-Sébastien St-Pierre, production designer Martin Boiclair and film maker Jay Lestock help making the visual identity of the band a lot stronger. Also, the guys make a decisive encounter. Stage director Yannick Chapdelaine attends a performance and knows right away what’s going to bring the show to the next level.

The first album is released on September 11th 2012 after many years of recording, stumbling and experiments. Many people help to make the orchestral arrangements a reality: violinists Catherine Bussière, pianist Guillaume Marchand, trumpet player Sébastien Fournier and signer Gabrielle Proulx. The band will have to record the rest of the orchestral parts with makeshift instruments and junk shop trinkets.

To watch the creative process, click here: http://bit.ly/2j35sVl

Finally, the album launch, the time where everyone can see the result of their efforts. That time where struggles and sleepless nights mean something. Following this event, more performances take place and the fan base is constantly growing, giving an encouraging wink to the guys. The band and the public agree, after the first representation of « La Sinistre Histoire du Théâtre Tintamarre , Épisode 1 » the night of September 11th 2012 , a monster was created.