Le Phœnix

(English will follow)

LA FASCINANTE AVENTURE DE JARDIN MÉCANIQUE


Chapitre I
Le Phoenix

2006, un groupe de musiciens au début de la vingtaine tente désespérément de se construire une carrière dans une industrie en totale métamorphose. Le groupe s’appelle “UN”.

Un album est lancé. Deux chansons réussissent à s’infiltrer dans les palmarès hermétiques des radios commerciales. Des entrevues télé, une tournée, les espaces publicitaires...Mais l’Eldorado mythique de la vie de rockstar tarde à se manifester.

Le groupe est désillusionné. Les sirènes du showbiz qui chantaient “Obéissez-nous et nous vous donnerons la gloire” ont attiré le vaisseau vers les récifs. Le groupe est brisé. Comment peut-on en arriver là après tous ces compromis artistiques, tout ce temps et tout cet argent investi? Le groupe est mort.

Attendez ! Des cendres de cet échec, trois membres se relèvent. Trois batailleurs maladroits déterminés à poursuivre le combat. Cette fois les armes seront différentes. Elles seront authentiques, sans accommodement ni demi-mesure. Leur musique sera celle qui les habite et non pas celle que demande l’apathique auditoire des divans. Dans une époque où le minimalisme est Roi, Philippe Coulombe, Francis Gagnon et Sylvain De Carufel commencent à assumer leur penchant pour l’extravagance, le sarcasme et la violence. Ils chérissent la musique de Wagner et le sourire du Joker, les poèmes de Baudelaire et les costumes d’Alice Cooper.

Ils sont fascinés par l’époque victorienne et ont un penchant pour le théâtre. Les soirées de discussions se multiplient et donnent naissance à trois personnages. Un dangereux psychopathe aux idées de conquête, un scientifique fou au regard lugubre puis un danseur de ballet détraqué avec un chapeau haut-de-forme. Quelques chansons sont composées, des costumes artisanaux sont confectionnés puis une séance photo a lieu. Les démiurges façonnent leur genèse dans leurs cahiers de notes.

Les premiers spectacles ne sont vraiment pas au point et mis à part quelques visionnaires, l’entourage des trois artistes est convaincu qu’ils ont perdu l’esprit. Ils ont bien raison. La folie qui est à l’origine de ce spectacle confus et imprécis est la même qui les poussera à se raffiner et à pousser toujours plus loin leur univers étrange.

Les spectacles se multiplient et se peaufinent. La portion théâtrale du spectacle grandit. L’univers du groupe est à des millions d’années-lumière de ce qu’il était avant. Le nom “UN” n’est plus approprié. Cet univers visuel et musical a besoin d’un nom plus féérique et plus abrasif. Le soir de l’Halloween 2009, lors d’un spectacle à Montréal, le groupe annonce son nouveau nom. Il aura fallu trois ans pour que renaisse le phœnix. Un phœnix nommé Jardin Mécanique.

 

English version

The fascinating Adventure of Jardin Mécanique

Chapter I - The Phoenix

 

2006, a band of musicians in their early twenties are desperately trying to build a career in an ever changing industry. The band is called « UN ». (meaning "One") 

One album is released. Two songs make their way in the very narrow lists of commercial radios. Then, TV interviews, a tour, ads in the news… but the mirage of pop music success has yet to show its true face.

 The guys are jaded. The ship crashed into the reef as the mermaids of showbiz were singing « obey us and we will give you glory ». The band is broken. How does all this time and money spent, all this hard work trying to please the music industry can come to this? The band is dead.

But! wait for it… from the ashes of this failure, rise three of the band members. Three clumsy fighters eager to keep the battle going. The weapons will be different this time. They will be authentic, will have no compromise, no half-hearted measure. Their music will be made to ring the bell of their own aspirations, not to please the masses. In an era of minimalism, Philippe Coulombe, Francis Gagnon and Sylvain De Carufel decide to let their extravagant, sarcastic and rather violent side loose. In their heads , Baudelaire dressed like Alice Cooper is alongside Wagner who’s wearing the Joker smile.

Through multiple conversations, as they mix the art of comedy with a touch of the Victorian esthetic, they gave birth to three colorful characters. A dangerous psychopath with delusions of grandeur, a mad scientist with crazed eyes and a deranged ballet dancer wearing a top hat. Songs are composed, makeshift costumes are made, a photo shoot takes place and the project’s first draft is scribbled in various note books.

The first few shows lack the quality and unity it should have and apart from a few visionaries, friends and fans of the band tough they’d lost their minds. And they were right. It’s that same craziness that drove them to refine their strange universe into a more coherent piece of work.

As more and more live performances polish the show, the theatrical portion is taking a bigger place. The band is so far from what it was at the beginning it needs a new name. Something dark but at the same time as if it was out of a fairy tale. And so, as a phoenix, on Halloween 2009, from the ashes of « UN » rises « Jardin Mécanique ».